Salle comble pour le lancement du débat public sur la 3e ligne de métro

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Les représentants des étudiants on pris plusieurs fois la parole.
Les représentants des étudiants on pris plusieurs fois la parole. (Crédits : Schneider)
Le débat public sur la 3e ligne de métro est lancé, et c'est le plus important jamais mis en œuvre en France. Hier soir, 400 personnes ont assisté à la première réunion publique organisée par la commission nationale du débat public, aux espaces Vanel. Dans le public, les représentants des étudiants et des cyclistes se sont fait particulièrement remarquer.

"L'instauration d'un débat public transparent a pour objectif d'éviter un nouveau Sivens ou un nouveau Notre Dame des Landes". Christian Leyrit, président de la Commission nationale du débat public, a l'art de poser clairement les enjeux. Présent hier soir à Toulouse pour la première réunion publique au sujet de la 3e ligne de métro, il a rappelé que le débat autour de ce projet (porté par Tisséo et Toulouse Métropole) est le plus important que la CNDP ait organisé depuis qu'elle est devenue indépendante (2002).

"Ce n'est ni un sondage, ni un référendum. Le débat a vocation à remettre le citoyen au cœur de la décision publique."

La CNDP mise sur plus de 10 000 participations citoyennes durant toute la durée du débat (qui s'étale jusqu'au 17 décembre), que ce soit dans les réunions publiques, sur le site internet, lors des rencontres avec les entreprises et à l'université ou encore lors des ateliers cartographies organisés.

Hier soir, mardi 13 septembre, 400 personnes sont venues assister à la première réunion publique, qui se tenait aux Espaces Vanel, au centre-ville de Toulouse. Une affluence dont s'est félicité Jacques Archimbaud, membre de la CNDP chargé d'animer le débat toulousain, tout en nuançant : "Nous sommes conscients que les personnes qui se déplacent en réunion publique un soir de la semaine sont souvent des personnes âgées et des CSP +. L'objectif est de faire participer l'ensemble de la population toulousaine."

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Jacques Archimbaud de la CNDP a animé le débat, © Schneider

Les étudiants inquiets

Plusieurs dizaines de questions ont été posées aux représentants de Toulouse Métropole et Tisséo lors de cette première réunion, à la faveur d'une organisation bien rodée : 3 minutes par question maximum, 3 minute par réponse maximum, le tout étant chronométré et animé par Jacques Archimbaud qui a endossé le rôle de médiateur. "Je remarque que les questions sont précises et le public déjà bien informé", a-t-il noté.

Une thématique est particulièrement ressortie lors de ce débat : la question de la tarification pour les jeunes, et plus largement de leur pouvoir d'achat à Toulouse. Plusieurs représentants de syndicats étudiants ont en effet pris la parole, exprimant leurs inquiétudes : "Est-ce logique de supprimer le tarif jeune pour financer la troisième ligne ? Les loyers des logements se situant sur le tracé de la troisième ligne vont-ils exploser ? Tisséo prend elle en compte la précarité des jeunes ? Tisséo a-t-il les moyens de s'endetter ?"

Autant de questions (parfois de reproches) auxquelles Sacha Briand, vice-président de Toulouse Métropole, a répondu, s'efforçant de respecter les 3 minutes chrono. Il a assuré plusieurs fois que la suppression du tarif jeune n'avait pas pour objectif de financer la troisième ligne de métro. Plusieurs autres questions se sont succédé sur le financement de ce projet, un étudiant s'agaçant même "que les recettes issues de la suppression du tarif jeune servent à enrichir Vinci et Indigo" (ce qu'a démenti Sacha Briand) et s'opposant à "un partenariat public privé" (sur ce sujet Sacha Briand a annoncé qu'il n'était pas en faveur d'un PPP).

Sur la question du financement, l'intervention de l'adjoint au maire de Blagnac en charge des déplacements, Jean-Paul Tejedor a été remarquée : il a indiqué que Blagnac soutenait le projet de 3e ligne, mais que ce dernier devait comprendre la desserte de l'aéroport :

"Le surcoût estimé (80 millions d'euros) est justifié car l'aéroport représente une zone d'emploi de 92 000 emplois. Je ne veux pas comparer, mais le Sicoval à côté, c'est 14 000 emplois... "

Sacha Briand a répondu en répétant sa position sur le sujet : c'est à l'aéroport de financer ce tronçon.

Les cyclistes énervés

Une autre thématique a largement occupé le débat lors de cette première réunion : la place des vélos à Toulouse. Là encore plusieurs représentants d'associations de cyclistes ont pris la parole, dénonçant la faible importance accordée à ce mode de transport "pourtant le plus écologique et souvent plus rapide que la voiture". Une maman d'élève a dénoncé la dangerosité des pistes cyclables, prenant à partie les représentants de Tisséo :

"Je suis sûre que vous avez des enfants et que comme moi, vous leur diriez de rouler sur le trottoir plutôt que sur les pistes cyclables car elles sont trop dangereuses par endroit. Mais vous, vous devez sûrement emmener vos enfants à l'école en voiture..."

Un autre intervenant, représentant de l'association Vélorution, a demandé à pouvoir emporter les vélos dans les métros et les tramways. Il a également dénoncé le manque de concertation des associations de cyclistes dans l'élaboration du projet de 3e ligne.

D'autres questions concernant l'accessibilité, le prolongement de la ligne B, ou encore la modification du paysage urbain et social ont été posées. La séance s'est terminée vers 22 heures. Sur le site internet dédié au débat, 39 questions ont déjà été posées et 19 avis postés sur le forum de discussion.

Qui paye pour l'organisation du débat ?

L'organisation du débat public coûte entre 500 000 et 600 000 euros, aux frais du maître d'ouvrage, Tisséo. "Le fait que le maître d'ouvrage paye directement la commission peut poser question", reconnaît Christian Leyrit, président de la Commission nationale du débat public. "Nous nous battons pour que ce ne soit plus le maître d'ouvrage qui paye directement la commission. Une ordonnance du 3 août 2016 prévoit qu'un fonds de concours soit créé, afin que le maître d'ouvrage paye indirectement". Jacques Archaimbaud précise : "l'organisation du débat public doit rester sobre pour ne pas donner l'impression de gaspiller l'argent public, mais doit être suffisamment solennelle pour montrer que la parole publique est prise en compte et considérée

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