La Tribune

Toulouse sous le choc après la fusillade qui a fait 4 morts. Le plan Vigipirate écarlate déclenché

une cérémonie s'est tenue en fin d'après-midi dans la principale synagogue de Toulouse
une cérémonie s'est tenue en fin d'après-midi dans la principale synagogue de Toulouse
Objectif News  |   -  1309  mots
Vive émotion à Toulouse après la fusillade dans le collège-lycée juif Ozar Hatorah de Toulouse. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont dénoncé la mort de 4 personnes dont 3 enfants. Le chef de l'Etat a évoqué « une tragédie nationale » et décrété une minute de silence dans toutes les écoles françaises mardi. François Hollande s'est rendu dans l'enceinte de l'école et a exprimé sa solidarité avec les familles et la ville de Toulouse, avant qu'une cérémonie à la synagogue principale de Toulouse. Le plan Vigipirate est passé au niveau écarlate en Midi-Pyrénées.

Vive émotion à Toulouse après la fusillade dans le collège-lycée juif Ozar Hatorah de Toulouse. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont dénoncé la mort de 4 personnes dont 3 enfants. Le chef de l'Etat a évoqué « une tragédie nationale » et décrété une minute de silence dans toutes les écoles françaises mardi. François Hollande s'est rendu dans l'enceinte de l'école et a exprimé sa solidarité avec les familles et la ville de Toulouse, avant qu'une cérémonie à la synagogue principale de Toulouse. Le plan Vigipirate est passé au niveau écarlate en Midi-Pyrénées.

Élus, représentants confessionnels, policiers, badauds, journalistes : tous sont horrifiés et sous le choc, devant le collège et lycée juif Ozar Hatorah de Toulouse, dans le quartier de la Roseraie, « sonnés » par l'ampleur de la tragédie qui s'y est produite ce matin. Peu après 8h, un homme, qui serait arrivé en scooter d'après plusieurs témoins, a ouvert le feu sur un groupe de personnes présentes devant l'école. Son arme se serait alors enrayée. Le tueur serait alors entré dans l'enceinte de l'établissement à la poursuite de ses victimes, tirant à nouveau avec une seconde arme avant de prendre la fuite en scooter. Deux enfants de 3 et 6 ans et leur père, professeur de 30 ans, ont été tués. Un autre enfant de 8 ou 10 ans a trouvé la mort, alors qu'un adolescent a été grièvement blessé.

Très rapidement, la petite rue résidentielle a été totalement bloquée par les forces de police. Nicolas Sarkozy est arrivé vers midi sur place. Le président de la République s'est d'abord entretenu avec les familles et le personnel de l'école ainsi qu'avec les élus présents. Il s'est ensuite exprimé devant une soixantaine de journalistes, dans la cour de l'école, entouré notamment du ministre de l'Éducation Luc Chatel, du président du CRIF Richard Pasquier, de Martin Malvy, président du Conseil régional, de Pierre Izard, président du Conseil général de Haute-Garonne et de Pierre Cohen, député-maire de Toulouse. « Aujourd'hui est un jour de tragédie nationale, a affirmé Nicolas Sarkozy. Quelqu'un a assassiné, de sang-froid, des enfants. Un tueur est entré dans une école, une école de confession juive. J'ai demandé à Luc Chatel d'organiser une minute de silence demain dans toutes les écoles de France. Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant restera sur place le temps qu'il faudra. (....) Tout doit être mis en œuvre pour arrêter le tueur mais nos écoles doivent continuer à fonctionner. Nos compatriotes ne doivent pas céder face à la terreur. Aujourd'hui, une femme a perdu deux enfants et un mari, un directeur d'école a vu sa fille mourir devant lui. La barbarie, la sauvagerie, la haine ne peuvent pas gagner. La République est plus forte. On va le retrouver. » Le président de la République a évoqué un drame « qui ne concerne pas que la communauté juive. Ce ne sont pas vos enfants, ce sont nos enfants. Que celui qui a fait ça sache que tout sera mis en œuvre pour le retrouver. »

Nicolas Sarkozy a indiqué que les forces de polices étaient « interpellées par des similitudes, même s'il faut attendre et rester prudent » avec les fusillades de Toulouse le 13 et Montauban le 16 mars, qui ont coûté la vie à quatre militaires parachutistes. De source proche de l'enquête, l'arme et le scooter volés utilisés seraient les mêmes. Le président de la République est reparti en tout début d'après-midi, après une heure passée sur place.

Drapeaux en berne et
renforcement des mesures de sécurité

Député-maire de Toulouse, Pierre Cohen a évoqué « un geste odieux et horrible. La communauté juive vit cela très douloureusement, avec beaucoup de hargne à être ainsi ciblée. L'équivalent du plan Vigipirate a été mis en place devant les écoles israëlites et coraniques, et va être étendu aux lieux de culte. Toulouse est traumatisée mais la République ne doit pas s'arrêter. Le président de la République nous a promis des moyens énormes : une cellule antiterroriste a été installée, des renforts parisiens sont attendus. La police municipale a été mise à la disposition de la police nationale, il y a une volonté d'aller très vite. » Les manifestations prévues par la municipalité cette semaine à Toulouse sont annulées et le carnaval a été reporté. Les drapeaux du Capitole ont été mis en berne en signe de solidarité. 14 unités de CRS ont été mobilisées pour assurer la sécurité des établissements scolaires en Midi-Pyrénées et dans les départements limitrophes. Le plan Vigipirate écarlate, le plus haut niveau possible, a été déclenché.

François Hollande s'est rendu dans l'enceinte de l'école en début d'après-midi. Il s'est ensuite exprimé devant le collège Ozar Hatorah, entouré de Jean-Michel Baylet, président du PRG, de Martin Malvy, de Pierre Cohen, de Pierre Izard, de Kader Arif et d'élus régionaux d'Europe Ecologie Les Verts. Robert Badinter, Pierre Moscovici, Manuel Valls, Elisabeth Guigou, Pierre Aidenbaum et Théo Klein étaient également présents. « Je devais être là pour les familles et par solidarité à l'égard de Toulouse. Ce n'est pas une école juive qui a été touchée mais la France entière, la République. Le meurtrier devra être retrouvé, le plus tôt sera le mieux car c'est un vrai danger. Nous n'oublierons pas ces enfants tombés dans des conditions atroces, assassinés lâchement », a déclaré le candidat à la présidentielle. Il a ensuite appelé à l'union et au rassemblement. François Hollande doit participer ce soir à la synagogue Nazareth à Paris à un moment de recueillement.

Une cérémonie œcuménique à l'espace du judaïsme, place Riquet, s'est déroulée en fin d'après-midi en présence de Martin Malvy, de Pierre Cohen, de Pierre Izard, de Claude Guéant, de François Bayrou et de Philippe Douste-Blazy. La présidente du Crif Midi-Pyrénées est intervenue lors d'une conférence de presse, quelques minutes avant, pour raconter ce qu'elle avait vu sur les caméras de surveillance. Evoquant "un tueur froid, rapide, qui a abattu ses victimes... comme des animaux".

Tout au long de la journée, les réactions se sont multipliées. Jean-Luc Moudenc, ancien maire et président de l'UMP31, a évoqué « une horreur absolue. Je n'ai jamais vu de drame aussi atroce. J'approuve les mesures prises par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, de renforcer la surveillance et la vigilance autour des lieux d'enseignements israélites. » Selon Martin Malvy, président du Conseil régional, « ce qui s'est passé ce matin est effroyable. On ne peut être qu'atterré, s'incliner devant la douleur des familles, la communauté juive et associer à leur deuil tragique l'ensemble de nos concitoyens. On ne peut pas faire pire que tuer des enfants, on a jamais connu ça en France. Aujourd'hui, c'est le moment de l'émotion et pas le temps des déclarations d'un autre type. » Pour Monseigneur Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, « un pas de plus a été franchi dans l'horreur ce matin avec le meurtre de quatre personnes dont 3 enfants. Notre émotion est très grande. Nous exprimons aux familles touchées par cette horreur nos sentiments de profonde compassion et notre prière. »

Mikaël Lozano

Photo : une cérémonie s'est tenue en fin d'après-midi dans la principale synagogue de Toulouse en présence des élus régionaux, de Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, de François Bayrou, candidat Modem à la présidentielle et de Philippe Douste-Blazy. crédit Rémi Benoit

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